La CNL 38 - La Confédération Nationale du Logement de l’Isère

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Alpes solidaires

Entretien avec la CNL 38 - Sur le relogement des locataires et l’amélioration du cadre de vie dans les quartiers

par Odile Jacquin / Scop la Péniche le 10 septembre 2009

La CNL accompagne de longue date les habitants sur les questions de logement dans les quartiers populaires. Elle est particulièrement sollicitée par les locataires de logements sociaux lors des opérations de rénovation urbaine ou d’amélioration du cadre de vie pour accompagner la mobilisation des habitants. Quelle place tient-elle dans les dispositifs locaux et quelle est sa vision des partenariats dans le cadre du CUCS. Rencontre avec Aurélie Mallet et Emilie Oddos, chargées de mission GUSP et relogement de la CNL-Isère.


A propos du relogement

Quelles sont les actions de la CNL lors des relogements liés aux opérations de rénovation urbaine de l’Anru ?

Notre implantation dans les quartiers nous met en première ligne pour accompagner la mobilisation que peut provoquer l’annonce des chantiers de rénovation urbaine. Lorsqu’ils s’accompagnent de la démolition des habitations, ils impliquent le relogement des locataires. Ces opérations sont le plus souvent accueillies avec inquiétude par les habitants. Elles signifient un bouleversement important et imposé. Leurs questions concernent les solutions de relogement, les conséquences sur les loyers et les charges ou encore, le temps que prendra le projet. Nous avons mis en place avec les habitants un certain nombre d’actions collectives. Nous avons, par exemple, animé l’élaboration d’une charte de relogement par les locataires dont les points ont pu être négociés avec les bailleurs et la commune. Plusieurs habitants ressources ont également participé activement à la rédaction d’un guide pratique du déménagement. Des rencontres ont été organisées entre des personnes ayant connues une opération de relogement et de futurs relogés, favorisant des échanges très pratiques sur le déménagement (transferts d’abonnements…) et permettant de maintenir des liens avec le quartier d’origine pour des personnes déjà relogées.

Mais nous sommes aussi présents dans le suivi de l’opération, par un accompagnement plus individuel lorsque nous sommes sollicités par les habitants sur une problématique particulière, avant, pendant ou après le relogement.

* Anru : Agence nationale pour la rénovation urbaine

Quel est votre rôle dans la concertation avec les acteurs locaux dans le relogement ?

La CNL fédère des associations de locataires et du fait de notre implantation de long terme dans les quartiers, nous sommes reconnus comme un partenaire par les communes et les bailleurs dans la concertation. Nous avons d’excellents partenariats sur certaines opérations. Les habitants ont ainsi un de vraies marges de manœuvre dans leur relogement. C’est notre rôle en tant que fédération de faire entendre la voix des habitants. Nous sommes les garants de la charte pour les habitants et un interlocuteur vigilant dans le suivi.

En tant que Fédération de locataires, quelles difficultés rencontrez-vous dans la mobilisation, lors des opérations de relogement ?

Concernant la mobilisation des habitants, les principales difficultés sont dues à l’ANRU, elle-même, car les projets mettent beaucoup de temps à se mettre en place. En face, la mobilisation des habitants peut être difficile à maintenir sur ces temps très longs. La CNL favorise cependant une continuité de la mobilisation des habitants.

Par ailleurs, aux prémices du projet, la mobilisation peut être très forte, les inquiétudes prédominent au début. Cependant, il est important de souligner que les enquêtes réalisées après relogement révèlent une satisfaction importante, même chez des personnes fortement récalcitrantes au début. En effet, l’opération a pu être, par exemple, une opportunité changer de quartier et accéder à un logement neuf.

A propos de la GUSP

(Gestion urbaine et sociale de proximité)

Concernant les démarches de Gestion urbaine et sociale de proximité (GUSP) quelle est votre action ?

Là encore, c’est notre présence sur le terrain qui nous amène le plus souvent à participer avec des locataires à des démarches de GUSP (Gestion urbaine et sociale de proximité). La CNL peut impulser cette démarche là où les habitants nous sollicitent car tel problème de propreté, de maintenance ou de sécurité ne trouve pas de solution auprès de leurs interlocuteurs. Nous réunissons alors, la plupart du temps sur site, l’ensemble des acteurs concernés : élus, bailleurs, services techniques et habitants pour établir un premier constat des dysfonctionnements. Cela permet d’établir un diagnostic partagé de la situation et d’identifier les bons interlocuteurs. Ensuite nous essayons d’établir un calendrier et des rendez-vous sont pris pour suivre l’avancée des engagements et le respect des échéances. Pour les habitants, il est important de pouvoir rencontrer régulièrement les différents acteurs qui interviennent sur le quartier et d’aborder avec eux les différents problèmes rencontrés pour pouvoir arriver à des solutions concrètes à plus ou moins court terme. Pour eux, c’est d’ailleurs aussi l’occasion d’aborder d’autres problèmes par rapport aux jeunes, à l’emploi ou autres…

La GUSP est donc un dispositif plutôt utile ?

Oui, elle crée des espaces de dialogue, la prise en compte de problèmes de proximité et du quotidien. Elle permet d’identifier tous les acteurs concernés et de clarifier les responsabilités de chacun. Elle vise une gestion partagée des territoires avec notamment une plus grande prise en considération des habitants pour une meilleure qualité de vie et des aménagements appropriés. Il est également important de marquer une présence et de réinvestir des quartiers où les habitants expriment un sentiment d’abandon. Mais son succès dépend avant tout de son pilotage et de l’engagement des acteurs. Un des facteurs de sa réussite est lié nous semble-t-il au fait d’être porté par une volonté politique forte et une réactivité de la part des bailleurs. Car on voit que les dispositifs mis en place ne suffisent pas toujours à faire évoluer les choses, en tout cas rapidement. Or pour les locataires, certaines actions peuvent et doivent être faites rapidement en gage d’efficacité mais aussi de confiance par rapport aux engagements pris.

La GUSP a-t-elle un effet à long terme sur la mobilisation des habitants sur leur cadre de vie ?

Pour nous l’implication des habitants est essentielle. Au sein des démarches de GUSP, on constate que la maîtrise des charges locatives est un enjeu fort de mobilisation identifié par les habitants, que ce soit afin d’assurer un suivi et un contrôle régulier, en terme de qualité du service rendu par les sociétés en charge de la maintenance, de l’entretien des parties communes ou des espaces extérieurs, ou encore afin de réduire les coûts par exemple sur la question des encombrants, On voit se mettre en place des actions collective. Pour exemple, l’enlèvement par le bailleur des encombrants étant repéré comme ayant un coût important, des associations de locataires CNL ont organisés des voyages à la déchetterie. On voit aussi la reprise collective en accord avec le bailleur de service comme le nettoyage d’espaces communs.

Quels développements de la GUSP vous paraitrez utiles à travailler dans les prochaines années ?

Sur l’agglomération, les dispositifs GUSP sont très divers selon les territoires et selon le niveau d’implication des communes dans le pilotage. Selon nous, il y a un enjeu à élaborer et à mettre en place des outils communs pour un meilleur suivi des engagements au niveau de l’agglomération afin d’avoir une visibilité sur les actions menées et leurs résultats à court, moyen et long terme. Pour cela, il est important de rapprocher encore les différents niveaux que peuvent être l’action de proximité, les rencontres inter-partenaires et le pilotage politique. Nous souhaiterions que le travail d’évaluation du CUCS permette d’avancer là-dessus.


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Voir en ligne : Le site ALPES SOLIDAIRES



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